Interview | Lisa Portelli

Lisa Portelli

A l’occasion de son concert dans le chef-lieu ardennais, Lisa Portelli a accepté de m’accorder un moment pour une interview. Loin d’être rongée par son succès, c’est une jeune femme souriante et très agréable que je découvre. On sent la fatigue qu’engendrent une telle performance live et l’heure avancée mais la bonne humeur, elle, reste toujours. Difficile de rendre l’atmosphère d’une telle rencontre mais je partage ce que je peux, et je garde le reste en tant que ( très beaux ) souvenirs.

Tout d’abord félicitations pour votre concert qui est beaucoup plus Rock que ce que l’on peut entendre sur CD.

Merci, c’est toujours agréable d’entendre des critiques positives.

Vous étiez au Cabaret Vert en 2010 et en 2011 vous revenez à Charleville-Mézières, cette fois ci au Forum, est-ce un choix personnel ?

Non absolument pas, c’est les tourneurs qui décident ce genre de choses, mais c’est un plaisir de rejouer pour une organisation ( FlaP ) qui a suivi mon évolution.

Une participation au prix Constantin cette année, est-ce une récompense ou alors une soirée qui laisse un arrière goût d’inachevé ?

C’est une première récompense pour moi et c’est très agréable de se produire à l’Olympia, mais il est trop tôt pour une victoire personnelle. L’année prochaine j’espère avoir mes chances pour lutter pour la victoire.

Beaucoup évoquent les avantages de votre formation classique, mais y’a-t-il des inconvénients à cela ?

Je n’en vois pas. Quand j’étais jeune, j’ai du chercher ma voie et la formation classique permet d’acquérir un bagage de connaissances qui aide réellement pour toute la suite du chemin musical.

Peut-on aller jusqu’à dire que c’est, ou a été, une facilité pour votre parcours ?

Peut-être, mais ce ne m’a pas dispensé des années de galères que la majorité des groupes connaissent quand on cherche à atteindre la longévité et la pérennité.

La peur de retomber à zéro existe-t-elle ?

En aucun cas. Je me suis fixée une ligne directrice que je suivrai quoiqu’il arrive. Ce qui me fait plaisir c’est que plus ma musique est en cohérence avec « cette ligne » plus cela plaît à mon public. La chute brusque n’existe que pour les groupes qui ont un succès soudain, et donc éphémère.

La pérennité et le succès sont ce que recherchent la majorité des groupes, pour ne pas dire tous. Un conseil en particulier ?

Quoiqu’il arrive, il faut profiter de tous les instants même dans les périodes de galère. L’aventure humaine et le contact avec le public sont ce qu’il y a de plus beau pour un groupe … Ils doivent aussi faire la musique qui leur plaît et non de la musique pour plaire sinon ils n’ont aucune chance.

Quel est vôtre dernier coup de coeur musical ?

Clairement : Feist – Metals. On sent une évolution, quelque chose de différent, une proximité que j’apprécie particulièrement.

Votre plus grand rêve en tant qu’artiste, quel est-il ?

J’en ai plusieurs, mais deux me viennent spontanément. L’Olympia, seule cette fois ci, c’est un mythe. Avoir son nom sur la devanture doit donner des frissons. J’aimerais faire beaucoup de concerts à l’étranger, ce que j’ai commencé avec l’Allemagne et la Biélorussie.

Question souvent posée aux artistes qui passe dans la ville de Rimbaud : cet auteur vous inspire-t-il ?

C’est surtout mon ami qui lit Rimbaud. C’est assez difficile à lire et on ne comprend pas forcément à la première lecture mais c’est tellement riche. On sent qu’il avait en lui quelque chose qui le dépassait totalement. Le talent n’a pas de terre et il ne faut pas l’oublier, il n’y a pas que Paris qui génère des talents …

Revenir au Cabaret Vert avec cette fois ci un public, ou une partie de celui ci, venu pour vous voir serait-il une revanche ?

Remplir une salle à Paris, c’est à la portée de tous. Mais remplir une salle en province c’est plus compliqué. Revenir au Cabaret Vert serait en effet un symbole et une fierté.

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