DarkRoom

Suzane et Philippe Katerine @ la Cartonnerie de Reims

Dernière soirée du Charabia Festival cuvée 2019 avec une belle affiche regroupant une nouvelle venue qui fait de plus en plus parler d’elle : Suzane. Ajoutons le retour , après 3 ans d’absence, de Monsieur Philippe Katerine, en grande forme pour présenter son dernier album Confessions. Une soirée Sold-out qui redonne goût aux concerts du dimanche soir !

Suzane

Si vous ne connaissez pas Suzane, vous devriez la retrouver rapidement près de chez vous, dans la radio … Car en janvier prochain “Toï Toï”, son premier album, arrive dans les bacs. Et d’ici là Suzane écume les salles et les festivals avec son clavier, son Melodica et ses machines. Ce soir, Suzane a la chance d’avoir une grande salle déjà bien remplie pour attaquer son set et le public est vite embarqué par la découverte, même s’il est à souligner que quelques visages semblent déjà bien connaître quelques paroles … Forte d’un 1er EP énergique, sorti en avril dernier (“Suzane”), l’électro de Suzane est aussi portée par le texte. Car si les basses et les beats enjoignent le public de quitter la position statique, les mots de Suzane sont aussi là pour faire pousser quelques oreilles …

Une belle découverte qui donne envie de voir Suzane avec quelques musiciens autour d’elles et sans doute aussi quelques-uns des danseurs qui peuplent ses clips surexposés et survitaminés. À suivre donc…

En peu de temps ce soir, Suzane aura réveillé la Cartonnerie et donné le mouvement vers la fête à venir avec l’arrivée triomphante de Philippe Katerine.

Le temps d’un passage au bar des partenaires, merci d’ailleurs à l’équipe du Charabia pour son accueil et sa gentillesse, un changement de plateau plus tard, il est temps de partir en voyage avec Philippe Katerine. Après l’écoute de son album, je ne vous cache pas que j’étais impatient et curieux de découvrir ce que cela donnerait en live !

Philippe Katerine

Le souvenir de son passage, il y a 3 ans à la Comédie de Reims, toujours dans le cadre du Charabia Festival, est toujours bien présent. J’avais découvert alors un sacré acteur jouant seul avec sa pianiste et toute leur créativité, un spectacle plein de finesse et d’entrechats. Alors oui, cette fois-ci il faut se frayer un chemin pour faire sa place dans le public, pas d’accès aux crashs et autant dire que ce fut mouvementé.

Car la grande salle est sur-bondée, il faut croire que peu de monde est sorti pendant le changement de plateau. J’arrive malgré tout à me glisser sur les marches presque au centre, le temps de discuter deux minutes avec une famille venue au grand complet et hop c’était parti pour 2 heures de spectacle ! Notons d’ailleurs que le public présent ce dimanche soir est multi-générationnel, des mômes de 5/6 ans jusqu’aux papis et mamies motivés. Et il est bien vivant le public, réveillé et pressé de se faire entendre …

Un fond de scène en forme de ciel azur avec quelques nuages vaporeux apparait puis les narines d’un gigantesque nez gonflable se dessine peu à peu. C’est du fond de ces cavités nasales rappelant les décors de Fellini qu’arrive Monsieur Philippe Katerine après que ses musiciens se soient installés. C’est paré d’un survet’ blanc immaculé ou presque que le maître de cérémonie va officier ce soir. Nous ne sommes pas à l’office, rassurons-nous, Katerine nous le rappelle bien vite par ses textes provocateurs, ses attitudes grotesques … Nous sommes au spectacle, sans aucun doute !

Il ne faudra à Philippe Katerine et son quintet de musiciens que quelques mesures pour enflammer la fosse. Le set alterne le nouvel album et quelques tubes entrés dans la Pop-Culture. Si la dernière tournée était un récital piano voix, nous sommes ce soir plutôt dans le gros concert de : Rock, Electro, Jazz, Funk, Trap… Une scénographie où des doigts gonflables viennent symboliquement nous chatouiller le fondement lorsque Philippe Katerine nous invite à ouvrir nos anus dans la joie et le partage !

Car oui, c’est un spectacle ce soir, le show est tout neuf mais ça envoie déjà vraiment bien ! Le quintet de musiciens ne fait pas semblant en s’amusant des diverses propositions de style de Katerine. Le groupe se donne, ça tape fort quand il faut mais Philippe Katerine sait aussi se jouer de multiples silences. Si l’album peut sembler inadaptable sur scène, c’est une réussite sans failles sur le plateau : Philippe Katerine chante et joue, il a parfois un petit quelque chose de Denis Lavant lorsqu’il raille le public et s’amuse entre clown et satire. S’il finira en peignoir satin, a capella, Philippe Katerine nous montrera ses biscottos, ses poils mais aussi ses “cheuveuux”…

Bref, c’est assez génial cette proposition de set : la lumière fonctionne, les costumes et accessoires illuminent nos rétines, le groupe se fait visiblement plaisir et c’est sans nul doute communicatif.

Dire aussi que seulement 3 chansons pour faire des images de ce spectacle c’est un poil frustrant, car c’est visuellement bluffant, tout le long du show ! J’en profite pour remercier Wagram pour sa réactivité et ses accréditations !

Quoi demander de plus que cette belle soirée pour finir ce Charabia Festival 2019 ?!

Un petit clin d’oeil au très beau boulot fait sur le vinyle Confessions de Philippe Katerine. Un très bel objet qui vaut le détour, je cherche un cadre adéquat, comprendra qui pourra !!

Encore un grand merci à toute l’équipe du Festival, d’Ulysse Maison d’Artistes, de la Carto pour l’accueil et à tout bientôt ! Nous on attends impatiemment les annonces de la Magnifique 2020 ! À suivre !

© Texte et images : Moïse Poisson – Mime – Darkroom